RUSSIE > MONGOLIE | Traverser la frontière russe en bus pour rejoindre la Mongolie.

De la Russie à la Mongolie en bus, ou comment joindre les villes d’Oulan-Oude et Oulan-Bator par la voie terrestre.

Le passage d’une frontière n’est pas toujours l’étape la plus simple d’un voyage. Nous sommes le 17 septembre : après avoir parcouru la Russie d’ouest en est il est temps de traverser la frontière pour rejoindre un territoire tout aussi sauvage… Mais à la culture bien différente : la Mongolie. Tout commence à Oulan-Oude : si la ville n’a pas de grand intérêt touristique, elle est cependant un point stratégique pour les voyageurs voulant rejoindre la Mongolie. En effet c’est ici que beaucoup embarquent à bord du Transmogolien (possible également depuis Irkoutsk) pour continuer l’aventure sur les rails. Mais savez-vous qu’il existe une solution plus économique et rapide que le célèbre train ?

Dans cet article pratique, nous vous partageons le témoignage synthétique de notre expérience en bus de la Russie à la Mongolie ainsi que nos conseils et infos pratiques pour que vous puissiez au mieux organiser la votre.

Ce que vous trouverez dans cet article :
Un bref comparatif entre le train ou le bus
→ La démarche pour se procurer un billet de bus
→ Les détails sur le déroulement du trajet et passage de la frontière Russie-Mongolie
→ Des infos pratiques (durée, budget, change)


Train ou bus ? Bref comparatif.

Alors que le bus rejoint la capitale mongole en 10 à 12h pour 1.800 roubles (soit 23€ en 2018), le Transmongolien effectuera lui le même trajet en 15 à 20h, soit 5 à 8h de plus pour 70 à 200€ de plus (en fonction de la classe que vous êtes susceptibles de choisir). Pour notre part la durée du trajet n’importait pas vraiment – nous venions de passer 87 heures à bord du Transsibérien – au contraire, étant de grands amoureux de la vie sur les rails nous aurions beaucoup choisir cette option. Mais nous avons opté pour le bus en raison de notre budget.

Cependant, avec un seul départ par jour à 7h30 depuis la gare routière de Tsentral’nyy Market, les 45 places se vendent très vite. Aux voyageurs, mais surtout aux mongols voulant rejoindre leur pays.

Pourquoi une telle différence ? Le Transmongolien ne comporte pas de 3ème classe, ce qui élève de façon assez significative son prix. Quant à elle, la durée du trajet est due à une immobilisation de 10h lors du passage des frontières (contre environ 2h pour le bus).

Comment et où se procurer le billet de bus Russie > Mongolie ?

La réservation sur Internet n’est pas possible pour les billets Oulan-Oude > Oulan-Bator. Deux options s’offrent à vous :

  1. Se rendre à la gare routière d’Oulan-Oude (АВТОВОКЗАЛ) un ou plusieurs jours avant la date de départ. Cela est également possible le jour même (tôt le matin) mais attention : cette option est très risquée en haute saison.
  2. Réserver via son hostel jusqu’à un mois à l’avance : l’option que nous avons choisie.

Avant le passage de la frontière, nous avons séjourné deux nuits chez UU Backpacker Hostel, une petite auberge au cœur de la ville le temps d’organiser la suite de notre voyage. Afin d’être sûrs d’avoir des billets pour quitter le pays (notre visa russe se terminant bientôt) nous n’avons pas attendu d’être sur place pour acheter les billets : nous avons envoyé un email à l’auberge 3 jours avant notre arrivée avec la copie de nos passeports, la date de départ souhaitée et avons réglé nos billets en arrivant.

Les hébergements proposant ce service vous demanderont en général une commission sur le prix du billet, elle peut atteindre 5€ voir un peu plus selon les établissements.

Le trajet Oulan-Oude > Oulan-Bator

  • Durée totale du trajet : 10h.
  • Départ : 7h30.
  • Heure de rendez-vous : 7h00.

Nous ne trouvons ni panneaux indicatifs en anglais ni personne parlant cette langue à la gare routière. Et pourquoi en trouverait-on ? Nous sommes au fin fond de la Bouriatie. À force de faire le tour des chauffeurs de bus, on fini par en trouver un qui nous lève un grand pouce à la vue de nos billets. On est heureux que ce soit lui : les autres n’avaient pas d’aussi beaux volants.

Les 45 places du bus étaient toutes réservées depuis plusieurs jours. Dès 7h30 précises les roues entament leurs premiers mouvement sur un bitume encore frais, nous quittons petit à petit la ville direction le sud du pays, là où les habitations se font de plus en plus rare pour laisser places aux steppes de couleurs automnales. On ne peut pas dire que notre moyen de transport soit le plus confortable au monde, mais la place est suffisante et les arrêts nombreux afin de se ravitailler ou d’aller aux toilettes.

3h plus tard, premier check avant la frontière.

Les minutes défilent et les paysages également, après 3h de route plus aucune trace de vie exceptés les premiers postes frontalier russes qui entament un premier check des passeports. Aucune photo n’est autorisée à ce moment-là à l’intérieur du bus et la présence des militaires russe a pour conséquence un silence de plomb.

Kyakhta, dernière ville russe. Arrivée à la frontière.

Une fois la ville de Kyakhta passée nous arrivons à la frontière, toujours côté Russe. Nous sommes cette fois-ci obligés de descendre et de vider les soutes de nos sacs : les bagages vont tous passer une première vérification. La totalité de la procédure dure 1h : au bout de ces 60mn tous le bus a été checké, passagers et bagages compris. Nous sommes tous passés par le poste de contrôle russe afin d’apposer le tampon de sortie du territoire sur notre passeport et il est temps de quitter ce pays pour aller voir ce qui se trouve derrière ces barrières : là où les yourtes remplacent les maisons, où le tugrik remplace le rouble et où la vodka remplace la… Vodka.

Mais tout ça attendra un peu. Après avoir passé les poste russes et roulé 50mn, il faut à nouveau descendre afin de passer les postes mongols. Sacs sur le dos, 0° dans l’air, une nouvelle heure passe pour que tout le monde obtienne son nouveau tampon.

Bienvenus en Mongolie.

À peine les postes passés, on se retrouve dans une petite ville sans âme où une petite poignée de boutiques vendent de quoi remplir quelques estomacs affamés – des noodles -. C’est l’occasion de faire un peu de provisions car nous ne savons pas ce que nous retrouverons jusqu’à Oulan-Bator.

C’est aussi l’occasion de changer nos roubles contre des tugriks. Aucune difficulté pour obtenir la nouvelle monnaie : dans le hall à la sortie des contrôles, des hommes nous attendant avec des billets plein les poches. Nous avions lu que cet échange au marché noir était bien plus intéressant que d’attendre les banques et en effet : le taux qu’ils nous proposent est meilleur que celui des distributeurs.

On repart pour 6 nouvelles heures direction Oulan Bator.

C’est à ce moment que notre aventure en pays nomade commence. Les steppes se dessinent, les premières yourtes se distinguent doucement à l’horizon et… Les flocons viennent accompagner cette première vision de la Mongolie.

L’hiver peut être très précoce en Mongolie. Il n’est pas rare d’avoir des premières chutes de neige fin septembre / début octobre, période où les vagues de froid s’intensifient et où les températures peuvent chuter de plus de 10° en un jour.

Paysage neige en mongolie

Nous mettons finalement 12h jusqu’à Oulan-Bator.

12h au total, de Oulan-Oude jusqu’à Oulan-Bator. Nous avons eu des conditions de circulation difficiles due à la neige abondante : les flocons sont allés en s’intensifiant au fur et à mesure que nous nous approchions de la capitale. Le bus nous dépose à Dragon Station, la grande gare routière d’Oulan Bator. Les taxis attendent avec impatience. Nous avons rejoint le centre ville avec un voyageur suisse rencontré pendant le trajet, une femme et son fils nous proposent 7.000 tugriks pour la course, soit 2.40€ que nous nous diviserons en trois. Pendant le trajet, nous apprenons qu’ils tiennent un hostel et ils nous proposent de nous déposer directement là-bas, le système est bien rodé ! On décline car ce soir nous devons rencontrer Tseegii, notre hôte couchsurfing qui a accepté d’accueillir chez elle deux voyageurs qu’elle ne connaissait pas pour leurs premiers jours dans son pays. Nos chauffeurs de taxi sont polis et pas trop insistants.

À Oulan Bator le taux est d’environ 1.000 tugrik / kilomètre. À la descente du bus, beaucoup de taxis risquent de vous proposer plus du double. Les négociations font partie du voyage.

EN RÉSUMÉ 

Train ou Bus pour rejoindre la Mongolie ?

Avec ses couchettes le train offre un peu plus de luxe que le bus et son confort classique, mais il est 3 fois plus cher et plus long, malgré notre amour pour les rails notre choix fut rapide.

Où avoir son ticket de bus ?

  • À la gare routière d’Oulan-Oude (АВТОВОКЗАЛ) à l’adresse suivante : Ulitsa Sovetskaya, 1, Ulan-Ude, Buryatiya Republits, Russie, 670000 ou en utilisant l’application MapsMe avec les coordonées suivantes : 51.830418, 107.576928.
  • Directement via votre hébergement (renseignez-vous au préalable, tous ne proposent pas ce service).

Combien coûte le trajet ?

1.800 roubles à la gare routière ou environ 2.200 roubles via les hébergements.

Combien de temps dure le trajet ? 

Environ 10 heures, mais prévoyez 1, 2 voire 3 heures de plus selon les conditions. Nous sommes partis à l’heure et arrivés à Oulan-Bator avec 3h de retard !

Où puis-je me procurer des tugriks ?

Échangez vos derniers roubles à la frontière, les taux sont avantageux.


À plus dans l’bus ?

Nous espérons que ce récit et ces conseils vous aideront à mieux appréhender le trajet Oulan-Oude > Oulan-Bator, soir la traversée de la frontière depuis la Russie jusqu’en Mongolie en bus. Nous avons vécu parmi nos meilleures aventures en Mongolie, nous espérons que vous pourrez en vivre de même.

On vous invite à nous poser les questions auxquelles nous n’avons pas encore répondu ou à nous faire simplement part de vos pensées en commentaire, nous répondons toujours.

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