MONGOLIE | Histoire d’un volontariat dans la taïga

ÊTES-VOUS SÛRS DE VOULOIR FAIRE CE VOYAGE ?

“Il fera très froid. Vous dormirez dans une yourte sans eau courante et pour vous chauffer vous ne pourrez compter que sur le feu. Vous verrez, c’est un bel endroit. Sur les rives d’un grand lac, entouré de montagnes et de forêts, au cœur de la taïga. Mais c’est loin : la route sera longue et vous ne trouverez sûrement pas beaucoup de monde pour vous emmener. Le village est désert en raison de l’hiver précoce qui s’annonce rude, ce sera ainsi pour de longs mois. Et je vous le répète, il va faire vraiment très froid… Êtes-vous sûrs de vouloir venir nous aider ?”.

Nous avons passé 10 jours à partager le quotidien de trois générations d’une famille mongole nichée dans un village où il y avait plus de yaks que d’habitants. Ils avaient besoin d’un peu d’aide, nous avions du temps et envie de rencontres. Dès à présent, on t’invite à t’installer confortablement, comme si tu allais lire un livre : on te propose de plonger dans le récit d’une expérience de volontariat chez une famille en Mongolie. Un quotidien épuré où chacun s’enrichit de l’autre dans la simplicité. Un petit village loin de tout tumulte où l’hiver précoce a eu vite fait de balayer toute activité, et pourtant…

CE QUE TU TROUVERAS DANS CET ARTICLE
→ Un récit de voyage relatant notre expérience de 10 jours de volontariat auprès d’une famille en Mongolie.
→ Un lien vers notre article pratique “WORKAWAY | Et si on voyageait en se rendant utiles ? Guide pratique.” qui regroupe tout ce que tu voudras savoir sur ce type de volontariat en voyage si toi aussi tu souhaites expérimenter cette façon alternative de voyager.


CHAPITRE 1 | TRAVERSÉE DE LA MONGOLIE 

FAIRE CONFIANCE A UN INCONNU.

Nous sommes le 30 septembre. Nous roulons depuis 712 kilomètres et sommes assis sur la banquette d’un vieux bus, bercés par le roulement et les clips mongols qui passent en boucle dans la petite télé depuis 12 heures. Si nous étions en France, nous aurions déjà traversé du nord au sud la totalité du pays, mais cette nuit-là, nous n’avons traversé qu’un quart de l’immense Mongolie. Pourtant le vieux bus et son chauffeur ont fait le travail : nous sommes en avance. Ça aurait pu être une bonne nouvelle, s’il n’avait pas été 5h du matin.

Des cris signalent notre arrivée dans cette dernière ville avant la taïga et nous tirent de notre sommeil. On sort de dessous nos polaires, range nos oreillers gonflables, récupère nos sacs entassés à l’arrière sous plusieurs gros cartons de vivres et nous retrouvons dehors les yeux à demi-ouverts. Il fait 0° degrés, nuit noire et ce n’est pas le faible halo du lampadaire de cette ville inconnue qui va nous aider à nous repérer. Le bus part et nous laisse seuls. Concentrés sur nos cartes et les dernières instructions reçues de Davaa (notre correspondante et mère de la famille que nous nous apprêtons à rencontrer)* on n’échange pas un mot. Chacun sait ce qu’il a à faire et vu le brouillard qui règne dans nos esprits mal réveillés, ne pas parler est encore plus simple.

* Nous avons connu Davaa grâce à la plateforme Workaway : une plateforme qui met en relation les locaux recherchant un peu d’aide et les voyageurs souhaitant la leur apporter. Le principe est simple : en échange de travaux divers, le volontaire est nourri et / ou logé. Les modalités exactes sont différentes selon les cas et la durée peut varier de quelques jours à un mois, ou deux, ou trois… Selon le temps que chacun a. Davaa nous a proposé de nous loger et de nous prendre en charge les petits-déjeuner + repas du soir pour le temps que nous voudrions en échange… De ce que tu ne tarderas pas à découvrir.

Au bout d’une dizaine de minutes un homme descend d’une voiture et s’avance dans la nuit. Son véhicule ne ressemble pas du tout à un taxi mais il doit discerner nos têtes d’étrangers et saisit l’opportunité : “Aller quelque part ? Moi ok !” dit-il (en anglais) en désignant sa voiture. Les circonstances ne nous laissent pas tellement le choix.

Trente minutes plus tard, nous sommes assis sur une nouvelle banquette. On fait confiance à un inconnu qui, après avoir étudié deux minutes le point que nous avions mis sur une carte, file en pleine nuit sur une petite route de Mongolie. Impossible de discerner ce qui nous entoure. Maxime s’est laissé emporter par la fatigue. Je somnole à moitié et essaie d’ouvrir les yeux régulièrement pour pointer notre position GPS sur la carte. Notre chauffeur ne parle pas 10 mots d’anglais. On a l’air d’aller dans la bonne direction.

APRèS LA NUIT NOIRE, LES COLLINES DORéES.

Il est environ 6h30, le soleil vient de se lever : il illumine d’abord les sommets enneigés des monts qui forment l’horizon, on les découvre, puis il embrase les vastes plaines brûlées de la taïga. Bientôt, il fait scintiller les eaux d’un immense lac. De la nuit noire, on passe aux collines dorées. Nos yeux piquent mais se sont définitivement ouverts à la vue de ce paysage. De temps en temps, notre chauffeur se retourne pour nous faire de grandes annonces de sa voix forte et enjouée. On n’en comprend aucune, mais il sourit à pleines dents. La contemplation de ce qui nous entoure nous absorbe et nous avons l’impression de découvrir… Un nouveau monde. 

Trois mots y règnent : pureté, contraste, beauté. Le tableau est enchanteur. Sous un ciel d’un bleu hypnotisant, les collines ocres embrassent les eaux cristallines dont la multitude de vaguelettes caressées par le vent renvoient le soleil. Sur les rives, quelques forêts à la robe automnale se déroulent. Leur orange s’accorde parfaitement aux terres brûlées. En toile de fond, les sommets bleutés coiffés de blanc veillent sagement. Bientôt, des petites maisons de bois aux toits colorés font leur apparition… Cette vision mérite à elle seule tous les actes passés. On est arrivés.

paysage de mongolie automne
paysage nord de la mongolie

BIENVENUE DANS VOTRE YOURTE

Malgré le soleil qui vient de se lever, la totalité du village semble endormi. On est en train de prendre conscience que nous allons devoir frapper à la porte d’inconnus pour les réveiller et annoncer notre arrivée… Après avoir zigzagué un moment entre les maisons de bois, toujours en voiture (un seul axe goudronné traverse le village, les autres “voies” ne sont que des champs glacés), notre chauffeur inespéré finit par trouver l’endroit que nous cherchions. Dans un excès d’enthousiasme, il claque la porte du véhicule en nous sommant de rester à l’intérieur. Et s’en va. Il se dirige à grandes enjambées vers la propriété que nous cherchions… Puis réapparaît quelques minutes plus tard, accompagné d’une jeune femme aux cheveux encore emmêlés qui tente de s’emmitoufler sous un gros pull de laine. Ses yeux noirs en amande dépassent à peine de son col roulé. Ils se plissent un peu plus et on devine un sourire lorsqu’elle nous voit : c’est Miiga, la sœur de Davaa. Apparemment, tirer une inconnue de son sommeil ne posait pas problème à notre chauffeur décidément plein de surprises.

Les présentations sont rapides. Davaa n’est pas là mais elle avait prévenu sa famille que nous arrivions aujourd’hui. Des cinq membres, Davaa est la seule à parler anglais. En attendant qu’elle revienne, il faudra se contenter du langage universel : les mimes. Sa sœur, âgée d’une trentaine d’années, semble néanmoins avoir appris quelques mots pour l’occasion : elle n’a pas besoin de plus pour se faire comprendre. Inquiète de l’heure matinale à laquelle nous arrivons, du froid vif et de notre long trajet (nos tentatives pour la rassurer n’y font pas grand chose) elle s’empresse de nous désigner une petite cabane en bois ainsi qu’une yourte. Elle nous fait comprendre qu’on peut choisir : cet endroit sera pour nous. C’est une surprise car nous ne savions pas dans quelles conditions nous allions dormir. Etant donné qu’on s’attendait à des matelas sur le sol, avoir sa propre petite habitation est un luxe. On choisit la yourte*.

* Le saviez-vous ? En Mongolie le mot “yourte” n’est pas employé. L’appellation correcte est “ger”. Mais pour tout savoir sur les yourtes ou “gers”, c’est par ici : on vous partage toutes nos anecdotes et plusieurs informations étonnantes en quelques lignes.

Nous avons à peine le temps de poser nos sacs qu’elle s’est volatilisée. Elle revient quelques minutes plus tard, toujours au pas de course, suivie d’un homme plus âgé. Son père, sûrement ? Est-ce que lui aussi s’est fait réveiller à cause de nous ? Elle le désigne : “Fire!”. L’homme grand et mince coiffé d’une petite casquette nous fait un signe de tête en s’excusant presque de rentrer dans un endroit qui est pourtant plus chez lui que chez nous. Il s’attèle en silence à démarrer le feu dans le petit poêle central. Un peu dépassés par tant d’attentions, nous demandons à sa fille de quelle façon nous pouvons aider : “Dormir ! Vous froid, fatigués !”.

Nous nous retrouvons seuls en moins de temps qu’il ne le faut pour comprendre. On regarde cette petite yourte qui sera notre “chez nous” pour ces 10 prochains jours. Derrière le poêle, un vrai lit (nous savons que les nomades dorment à même le sol) avec une couette épaisse nous tend les bras. Sur la gauche, une petite table et un siège. Sur la droite, un meuble bas. Le sol est une sorte de moquette et par-dessus les treillis (qui forment les « murs » et donnent à la yourte sa forme circulaire) de grandes couvertures colorées ont été disposées. Les flammes crépitent. Sous le plafond voûté tout est silencieux. Les paysages d’or et de bleu flottent encore dans nos têtes. Est-ce qu’on est vraiment là ? Deux heures plus tôt, un vieux bus nous laissait dans la nuit et le froid. On tombe sur la couette. Il est 7h30 du matin. Nos yeux s’égarent dans l’ouverture circulaire du toit par laquelle la fumée s’échappe… Et aussi vite que ses volutes progressent vers le ciel, on s’endort.

dans une yourte de mongolie
notre yourte
détail dans une yourte

CHAPITRE 2 | ÉTRANGES PREMIERS PAS D’UN VOLONTARIAT DANS LA TAIGA

MARAL

Nos yeux s’ouvrent doucement. Le feu s’est presque éteint mais le soleil est maintenant assez haut pour faire passer ses rayons par l’ouverture circulaire du dôme. Ils réchauffent notre corps endormi. Le ciel est d’un bleu extraordinaire. Tout est profondément calme. Est-ce pour ça qu’on se sent si légers ? C’est comme si ce lieu nous avait envouté. On vient de faire la meilleure “sieste” de notre vie (il doit être 10 ou 11h).

Un coup à la yourte nous amène à nous lever. Il faut se courber pour défaire le verrou (qui nous arrive à peu près aux genoux) puis pour passer dans l’encadrement de la petite porte de bois orange et bleu. “Yaaaah !!!” on est accueillis à l’extérieur par une petite guerrière qui n’a pas besoin de se baisser pour passer la porte d’entrée. C’est Maral (diminutif de Goomaral) la fille de Davaa. Elle a 7 ans et brandit un long bâton dans une posture de défi. Très vite, on a droit à une chorégraphie digne de Mulan ponctuée de “Yaahh ! Yaaahhh !”. Sans avoir échangé un mot, on répond à l’invitation et se met à jouer à “la bagarre”. Elle n’est pas un brin timide et rit aux éclats. Elle comprend quand on lui demande “What’s your name ? – Maral !”. Nous sommes tous les trois sous le soleil et pour la première fois, nous découvrons le domaine.

petite enfant mongole
jeu avec enfant mongole

LE GER CAMP AU BORD DU LAC

La famille de Davaa a entrepris il y a quelques années de créer un ger camp afin d’héberger les voyageurs qui souhaiteraient découvrir cette région sauvage*. Entouré de hautes barrières de bois à la façon d’un ranch, le domaine familial s’étend sur un peu moins de 200m de long et une petite centaine de mètres de large. A l’est, à trois minutes de marche, les rives de l’immense lac saphir se déroulent. Au nord, les monts de la taïga et les impressionnantes forêts sibériennes se dressent en toile de fond. Le domaine comprend : six yourtes, deux petits chalets de bois plutôt rudimentaires dans lesquels dort la famille, une construction maison avec quatre toilettes sèches et une immense, immense yourte qui abrite une cuisine et une salle commune.

* Les ger camps ou “camps de gers / yourtes” en français sont des endroits rassemblant plusieurs yourtes destinées à héberger les voyageurs. La vie nomade étant de plus en plus difficile, beaucoup de nomades (et mongols de manière générale) se tournent vers le tourisme afin de subvenir à leurs besoins.

Mais tout est vide. Nous sommes loin de la haute saison et Davaa, ses deux enfants, sa sœur et leur grand-père sont les seuls à vivre sur le domaine. On se dirige vers la grande yourte : une imposante porte couverte de motifs taillés dans le bois fait office d’entrée. On la pousse et découvre une large salle haute de plafond avec une petite cheminée au centre. Tout en haut, la même ouverture circulaire qui communique avec le ciel, mais beaucoup plus grande que celle de notre propre yourte. Quelques tables sont disposées pour que les voyageurs puissent prendre un petit-déjeuner ou un repas, un canapé et un comptoir de bar en bois sombre finissent de meubler la salle. Totalement vide, le comptoir ne semble jamais avoir servi. Mais c’est justement pour les aider dans le développement de cette activité (l’accueil et l’hébergement des voyageurs) que nous sommes-là. Par ailleurs, en cette saison ou aucune visite n’est attendue, la famille doit redoubler d’efforts pour entretenir le domaine et faire face à la rudesse de l’hiver.

paysage au nord de la mongolie
grande yourte pour acceuillir touristes
fin de journée camp de yourte
petite balade en mongolie

UNE NOUVELLE INATTENDUE

C’est à peu près à ce moment-là que nous recevons un message de Davaa. Il ne nous annonce pas une très bonne nouvelle : “Mon fils a eu un accident. Il va bien mais je vais être retenue dans la capitale pour quelques jours. Reposez-vous et prenez du temps pour vous ces prochains jours en attendant mon retour. J’espère que vous êtes bien installés. Demandez à ma famille si vous avez besoin de quoi que ce soit”*.

* Davaa parle un très bon anglais. Pour le confort de lecture ses paroles sont ici directement traduites, mais c’est bien en anglais que nous communiquions avec elle.

La situation est inattendue et l’annonce d’un accident à presque un millier de kilomètres nous fait sentir impuissants. Après avoir été rassurés sur l’état de santé de son fils, le mieux que nous trouvions à faire est de lui proposer notre aide “à distance” : si elle a connaissance de certaines tâches que nous pourrions assurer ici en son absence pour se rendre utiles, elle pourrait nous l’indiquer par messages. Bien que l’endroit soit des plus enchanteurs, nous ne sommes pas ici pour nous reposer et ne voulons pas avoir l’impression de profiter de l’hospitalité de cette famille : le principe d’échange et d’enrichissement mutuel sur lequel est basé ce genre d’expérience est ce qui nous motive dans cette façon de voyager et nous tenons à le respecter. Rien que le fait d’être là nous fait sentir chanceux, alors leur rendre ce qu’ils nous offrent nous tient à cœur. Mais en se retrouvant seuls pour plusieurs jours avec trois adultes et deux enfants dont on ne parle pas du tout la langue et comme unique consigne : « Reposez-vous », la question est maintenant : comment ?

CHAPITRE 3 | EVERY DAY LIFE

AVANT LA TEMPÊTE

Davaa semble tenir à ce que nous profitions de plusieurs jours de repos en son absence et appuie cette volonté par le fait qu’une vague de froid arrive. Le travail à l’extérieur sera difficile. Notre carte sim achetée à Oulan-Bator nous permet d’avoir un peu de réseau : on consulte la météo et ses prédictions se confirment. D’ici quelques jours, il devrait faire -25°C et plus d’une trentaine de centimètres de neige devrait recouvrir le paysage… Difficile à imaginer lorsqu’on voit ce grand soleil.

Tu as sûrement déjà ton appli météo, mais si tu ne la connais pas on te conseille de tester MétéoBlue : c’est la seule qu’on utilise. Elle fonctionne partout dans le monde, est super précise et tu peux même entrer des coordonnées GPS afin de connaître les prévisions pour un endroit exact. Souvent, même dans des lieux perdus, ses prédictions se sont révélées correctes à l’heure près !

Nous avons donc quelques jours avant que la tempête hivernale n’arrive. Peut-être cinq avant que Davaa ne revienne. Seuls, toujours dans cette yourte immense, couverts de pulls, gants et bonnet malgré le soleil et la petite cheminée, nous faisons un bref état de la situation : nous sommes livrés à nous-même chez des gens dont la culture et la langue nous sont totalement étrangères, dans un village coupé du monde à demi-abandonné, avec une tempête de neige qui s’annonce. Ce n’est pas vraiment le début de Workaway qu’on imaginait mais, curieusement peut-être, cette perspective nous rend… Heureux. Ces mois de vie nomade nous ont sûrement conféré une certaine adaptabilité et à deux, nous avons ce trésor qu’est la capacité… De se réjouir de peu. Le froid ambiant et les températures polaires annoncées ne font que renforcer notre excitation.

Le voyage est instructif : plus on passe de temps sur les routes, plus on en apprend sur nous-même. Avec le temps on a appris que c’était une des choses qui nous plaisait particulièrement dans la vie nomade : passer du temps (vivre) dans un endroit où en apparence il n’y a rien à faire. C’est souvent là que sont les belles surprises.

LORSQUE QUE COMMENCENT LES HABITUDES

Le chauffage

Tous les jours, on apprend de nouvelles choses. On oublie nos habitudes pour prendre celles de la famille de Davaa. Sans se parler, Nasa, son père, nous apprend à allumer et gérer le feu dans notre poêle artisanal. Élément essentiel à la survie, on comprend pourquoi ces flammes qui réchauffent les corps glacés sont sacrées en Mongolie. Si on n’en prend pas soin, les températures tombent vite en négatif dans la yourte. Tous les matins, cet homme à qui on ne sait donner d’âge coupe du bois sans relâche puis, de son pas tranquille, un peu chancelant, il réapprovisionne tour à tour les différents foyers : un tas pour la cheminée de la grande yourte (au sein de laquelle on se réfugie à chaque petit-déjeuner), un tas pour le petit chalet dans lequel dort la famille, un tas pour notre yourte. Avec pudeur, il frappe chez nous (chez lui), dépose doucement sa livraison et refuse toujours toute aide avec sourire.

La salle de bain

Il n’y a ni eau courante ni douche sur le domaine. Alors pour la toilette du soir ou du matin, tout se fait à l’évier installé dans la grande yourte : en gros, c’est un petit meuble de bois sur lequel tient un ballon d’eau d’environ 3 litres. En inclinant l’embout qui en dépasse, on fait couler un mince filet : ça suffit pour se brosser les dents ou se faire une « toilette de chat » avec notre savon solide (le tout sous nos vêtements, puisque l’ensemble est installé à vue de tous dans la grande yourte). Ce petit meuble posé à côté de l’entrée devient donc notre salle de bain. C’est assez drôle de se laver “dans la salle à manger” ! Lorsque ce sont les soirs de « grande toilette », on s’habille de vêtements fins et amples et on fait l’aller-retour en trottinant pour éviter d’attraper froid : la toilette glacée ne fait pas bon ménage avec les températures hivernales de la taïga ! L’avantage est que le matin cette eau claire passée sur notre visage nous réveille à coup sûr. Et lorsqu’on sort aux aurores se balader près des rives pour voir le soleil se lever, c’est l’air frais des montagnes qui s’en charge.

La cuisine

Le matin, c’est aussi le moment où on retrouve Miiga, la sœur de Davaa. Pour préparer chaque petit-déjeuner on la rejoint dans la cuisine. On sait comment lui dire bonjour en mongol (“Sain baina uu”, prononcé “Sen Bénoo”) et pendant qu’on fait cuire nos œufs dans l’antique poêle, on essaie d’apprendre de nouveaux mots. Nos essais maladroits la font rire et à défaut de se sentir très utiles, on se dit que c’est au moins ça. Après qu’on ait lavé la vaisselle dans la bassine d’eau toujours glacée, elle nous montre comment on cuisine à la mongole. Souvent, il s’agit de découper toute sorte de légumes et de les plonger dans la grande marmite posée sur le poêle. Ensuite bien-sûr, on y ajoute l’éternelle viande de mouton. On sait que ce soir, ce sera bouillon.

La vie de famille

Les enfants remplissent une bonne partie de nos journées. Nous faisons vite la connaissance d’Anand, le grand frère de Maral. Jour après jour notre présence n’a d’effet que de faire grandir la curiosité, l’excitation et l’énergie inépuisable du petit duo de 7 et 10 ans. Il n’est pas rare qu’ils viennent frapper avec une force étonnante à notre porte « Come, come ! ». Ou qu’ils viennent nous sortir de derrière nos écrans lorsque nous travaillons dans la grande yourte qui fait office de salle commune (Davaa nous a confié qu’elle aurait peut-être pour projet de réaliser un support de communication pour son ger camp, nous étudions l’ensemble de ses supports actuels).

On joue beaucoup, au grand air. Dès 15h, quand la pénombre commence à se faire sentir, on rentre se réchauffer et prend place sur le canapé à côté du bar. On met de la musique, on s’assoit pour regarder nos photos de voyage, on leur montre où est-ce qu’on vit en France. Davaa a commencé à leur apprendre l’anglais, on rit aux éclats la première fois qu’on entend Maral s’exclamer “OH – MY – GOSH !” avec l’élégance d’une lady. Accoudés au bar, presque chaque jour, Anand et Maral nous font réviser les parties du corps dans leur langue : la bouche (“am”), les yeux (“nüdnüüd”), le nez (“khamar”), les joues (“khatsar”)… Mais on n’avoue ne pas être très doués. Heureusement, ils sont patients.

Les courses

Enfin, on profite du matin ou des fins de journées pour explorer le village et les proches environs (on ne peut se déplacer qu’à pied). Nous avons pris l’habitude d’aller faire nos courses au milieu des yaks. Le village n’est pas très grand et le “centre” s’atteint en quelques minutes de marche. Entre les ruelles désertes, nous croisons davantage de ces doux animaux que d’habitants. Loin d’être agressifs malgré leur impressionnante carrure, ils paissent tranquillement. Au bout de trois jours nous avons notre petite épicerie préférée (il y en a trois dans le village). Nous avons redoublé d’efficacité (et d’inventivité) pour se cuisiner nos repas du midi (les épiceries qui se résument à des grandes salons avec des étagères de bois ne proposent guère plus que du riz, des pâtes, quelques conserves, des œufs, des gâteaux secs sucrés, beaucoup de gâteaux secs sucrés, une sorte de pâte à tartiner et de la viande sous forme de saucisses très (trop) roses emballées sous plastique). Et surtout, nous avons trouvé chez Rose : le seul restaurant de la ville.

un yak en mongolie
yaks sauvages en Mongolie

CHEZ ROSE

Soyons clairs : “Chez Rose” n’est ni le nom de cette petite cantine ni le nom de celle qui y régale tout le monde. Si nous lui avons donné ce surnom affectif, c’est à cause du haut panneau de bois sous lequel nous passons pour y accéder. Nous sommes incapables d’attribuer ne serait-ce qu’une sonorité aux caractères mongols qui y sont peints, en revanche dès le premier regard quelque chose nous a sauté aux yeux : les belles et énormes roses qui y sont dessinées. Entre nous, l’endroit est devenu chez Rose, et sa propriétaire par la même occasion.

Rose tient un restaurant sûrement pas plus grand que la majorité des salons / salle à manger des ménages français. Elle a un tableau Velléda sur lequel elle écrit chaque jour ce qu’elle peut cuisiner. C’est elle qui nous a initié aux khuusuurs* et à en juger par les montagnes qu’elle dépose régulièrement sur les tables des travailleurs affamés, c’est sa spécialité. Bien sûr Rose ne parle pas anglais. Au début, on commande en désignant discrètement les plats déjà servis. Après quelques jours, on sait les reconnaître sur le tableau : les khuusuurs / les bouillons de légumes + mouton / les plats de pâtes + mouton. Petit-à-petit, on finit par pousser la frêle porte d’entrée avec assurance. On sait reconnaître la planche sur laquelle il ne faut pas marcher pour éviter de se faire une cheville. On salue joyeusement Rose qui rit à chaque fois qu’elle nous voit revenir (parce qu’on ne revient pas tous les jours, mais presque). Et on trempe avec gourmandise nos khuusuurs dans notre bouillon, comme de vrais mongols.

* Les khuusuurs sont notre plat mongol préféré. Il s’agit de beignets/chaussons de viande (généralement de mouton) mijotée avec sel, oignons, épices et le tout cuit… Dans de la graisse (généralement de mouton). Riche, mais tellement bon !

Chaque midi les tables de bois et vieilles chaises ne désemplissent pas, on comprend pourquoi. Quand certaines fois on manque de motivation pour cuisiner, on succombe vite à la tentation de venir voir Rose et dévorer de bons plats chauds pour quelques centimes.

CHAPITRE 4 | VOLONTARIAT 3.0

LE JOUR D’APRÈS

Les journées se déroulent au rythme du soleil et plus des montres. Il n’y a plus vraiment de lundis, samedis, dimanches… ni, du coup, de semaine. Nous sommes le jour avant l’épisode neigeux annoncé. La journée a été emplie d’un soleil éclatant. Après avoir aidé Miiga et son père à transporter de lourds bidons d’eau dans leur chalet puis dans la cuisine afin de renouveler les réserves, on prend le temps de se poser, assis sur les rondins de bois qui demain seront coupés. Il fait très frais, comme d’habitude, mais nous sommes bien protégés sous nos polaires / doudounes / chaussettes et écharpes toutes deux en poils de yaks (nous les avions achetées au grand marché populaire d’Oulan-Bator). Il n’est que 16h30 et le soleil commence à passer derrière les montagnes. Nasa étend le linge. Tout est calme, ses gestes sont délicats et baignés dans le halo des derniers rayons. La fumée commence à s’échapper doucement des cheminées du village. Ici, à ce moment précis, on se sent bien sans savoir vraiment pourquoi. C’est curieux, la façon dont on se souvient de certains moments. Ils sont pourtant parfois anodins, sans importance apparente, mais pour une raison inconnue ils sont là, gravés dans notre mémoire.

Nous savons que nous avons une petite heure avant que le crépuscule ne finisse de glacer l’air davantage. On part faire une balade. Les enfants veulent nous accompagner mais on comprend que Miiga leur intime de nous « laisser tranquilles ». On lui fait comprendre qu’ils peuvent venir et que ce sera avec plaisir, mais elle nous fait signe avec douceur d’aller profiter de notre escapade. C’est fou le point d’honneur que met cette famille à ne jamais nous “déranger”. Bien qu’on soit là parce qu’ils ont besoin d’aide, notre confort semble toujours devoir passer avant le leur. Ce sentiment s’est répété souvent en Mongolie. On adresse un signe aux enfants qui sont grimpés aux barrières pour nous regarder partir et on s’éloigne. Une partie du village est déjà dans l’ombre mais de l’autre côté du lac, la taïga rougeoie sous la chaleur des derniers rayons. Le souffle des animaux forme de petites volutes de vapeur dans les champs glacés. Bien qu’on soit là depuis plusieurs jours déjà, les contrastes et la beauté de cet endroit nous saisissent, encore une fois. Le ciel est si clair qu’on perd espoir que demain les environs soient totalement recouverts de neige.

couché de soleil en mongolie
couché de soleil mongolie
paysage magnifique mongolie

Nous rentrons : il faut chauffer notre yourte histoire qu’elle ne se transforme pas en congélateur. Nasa vient nous aider à faire partir le feu qu’on avait laissé s’éteindre dans la journée. Notre poêle est assez vieux et petit, peut-être un peu trop chargé de cendres, mais le grand-père a plus d’un tour sous sa casquette. Avec un grand sourire et après plusieurs vaines tentatives, il nous sort un chalumeau. Les flammes ne tardent pas à prendre. On sort et on regarde avec satisfaction la fumée s’échapper de notre yourte. Cette vision simple mais si douce est vectrice d’un réconfort… Insoupçonné.

On avale assez vite notre repas dans la yourte commune (il fait froid) puis passe du temps avec Maral et Anand. Maxime les soulève en les faisant tourner, ce qui les fait rire aux éclats. Ils courent partout avec notre enceinte portable qu’ils adorent, on fait des photos, on échange nos chaussures (oui…) jusqu’à après 20h. C’est tard pour ici. Il faut aller se coucher : le duo est rappelé par Miiga. On se fait un thé brûlant qu’on ramène dans notre yourte qui s’est maintenant bien réchauffée.

Autour du poêle, on se fait un festin en guise de dessert avec les trouvailles du jour (des sortes de petites pâtisseries roulées un peu sèches sur lesquelles on étale la fameuse pâte à tartiner, le tout grillé sur le poêle). On passe du temps à discuter près du feu, assis entre nos chaussettes et autres affaires qui sèchent suspendues aux hunnu (les lattes de bois sur lesquelles repose le toit). Au moment d’aller se coucher, on regarde encore une fois dehors afin de surveiller la “tempête”… Mais il n’y a qu’un léger voile de nuages. Tant pis, en attendant on file sous la couette, il fait quand même bien froid : nous n’aurons probablement pas de neige, mais nous pourrons sûrement compter sur les -25° annoncés.

rire avec des enfants en mongolie
rire d'une fille mongole

ET LE BRUN ABANDONNA LA TAÏGA

Matin. 7h. On ouvre la porte de notre yourte et à la place du brun nous avons la surprise de découvrir un paysage… Tout blanc. Nos instincts de météorologues sont à revoir. La “tempête” a bien eu lieu, mais dans la nuit : elle a tout recouvert sur son passage. Le vent semble avoir bien soufflé : s’il n’a laissé que quelques centimètres de pellicule blanche aux endroits exposés, il a aussi formé de gros monticules qui nous arrivent parfois jusqu’à mi-cuisses. Devant notre porte et autour de notre yourte, on trouve plus de 30cm de neige fraîche. Le ciel est d’un gris épais et on ne voit pas beaucoup plus loin que les hautes barrières. Quelques flocons tombent encore un peu… Nasa est déjà dehors. Avec sa pelle, il entreprend de dégager les différents passages sur le domaine : de leur cabanne à la grande yourte, de notre yourte à la grande yourte, puis le large portail de l’entrée.

On s’habille et part à sa rencontre. La neige a ce pouvoir de nous transformer en enfants. Notre enthousiasme le fait rire. Maxime lui propose son aide mais comme d’habitude Nasa refuse poliment : son excuse aujourd’hui est qu’il n’a qu’une seule pelle. Plus on le côtoie, plus nous ressentons de l’admiration pour cet homme et le travail qu’il accompli tous les jours, tout seul… Sans jamais quitter son sourire, ni sa casquette. On est certains que si nous devions accomplir des tâches aussi physiques (ne serait-ce que couper tous les jours cette énorme quantité de bois à la hache) nous serions vite transis de courbatures, ou plus, malgré la trente/quarantaine d’années que nous avons de moins que lui. Nos corps ont grandi avec le confort de vie de l’Europe occidentale…

tempete de neige Mongolie
paysage enneigé mongolie
camp de yourte sous la neige

On file préparer le petit déjeuner (soit : faire griller du pain sur la cheminée, y ajouter de la pâte à tartiner et se remplir un bol de fromage de yak avec de la confiture de myrtille ; ce matin, pas d’oeuf-saucisses roses !). Dans la grande yourte, le froid est piquant. Bien plus que d’habitude. Au plafond, de la glace s’est formée autour de l’ouverture circulaire. En fait à bien y regarder, il neige même à l’intérieur… Peut-être que demain, nous petit-déjeunerons sous des stalactites ?

Direction la cuisine où on retrouve Miiga qui nous adresse un grand sourire derrière sa marmite. On veut faire la vaisselle mais l’éponge est prisonnière de la glace qui s’est formée dans la bassine. Elle demande à Nasa de couper plus de bois. Maxime en profite pour prendre la pelle et finir son travail. Les enfants sont bien au chaud et la neige tombe toujours dehors : une journée sur / sous les couettes s’annonce ! Ça tombe bien, car nous avons des nouvelles de Davaa. Cela fait quelques jours que nous discutons d’un projet par messages avec elle. Elle ne souhaitait pas nous donner de travail tant qu’elle n’était pas rentrée, mais puisqu’elle est toujours bloquée dans la capitale sans savoir pour combien de temps encore, aujourd’hui elle nous donne le feu vert : le projet qu’elle avait en tête depuis un petit moment pour son ger camp est officiellement lancé ! Nous nous occuperons de la réalisation de sa brochure. Nous avons appareil photo et ordinateur, les logiciels de base, de l’inspiration et un peu d’expérience pour la rédaction de textes, ainsi que des connaissances en montage / communication : on lui promet d’ici quelques jours une jolie brochure qu’elle pourra imprimer. Elle semble enthousiaste. On l’est aussi de pouvoir se rendre utiles.

détail de notre quotidien en mongolie
petit déjeuner mongolie

DU TÉLÉTRAVAIL DEPUIS UNE YOURTE

On passe la journée au chaud et se lance dans la réalisation d’une maquette. Le midi, on se cuisine du riz à l’aide d’une grande bassine de neige que notre poêle fini par faire fondre et bouillir. Ça nous donne une idée : ce soir, on aura le luxe d’avoir une toilette à l’eau chaude, dans notre yourte ! Vers 17h la nuit est déjà tombée. Nous n’avons pas vu le temps passer. Miiga frappe à notre porte : elle a la gentillesse de nous apporter deux énormes bols de grosses pâtes en soupe. A ce moment-là, nous sommes les enfants et elle est le Père Noël. On dévore notre repas assis en tailleur sur notre couette. Comme d’habitude, on fait griller notre pain (rassis) sur notre bon vieux poêle. On trempe le tout, encore et encore, dans le bouillon bien chaud… Et on est biens. Là, à l’autre bout du monde, chez ces inconnus attentionnés à qui nous avons l’opportunité de rendre un petit service, à faire fondre de la neige pour se laver et avec l’impression que du pain rassis trempé dans un bouillon de grosses pâtes est un luxe 4*. A ce moment-là, c’est ce dont on rêvait.

dans notre yourte au chaud
repas et toilette dans une yourte

Bonus – L’anecdote du sauna.
Anecdote de voyage n°13 : finir en sous-vêtements dans la neige et dans la nuit par -15°.

Bien trop contents de notre bon repas ce soir-là, des masses de neige qui entourent notre chez nous et de la nouvelle nuit glacée qui s’annonce, on a l’idée brillante de remplir notre poêle de grosses bûches afin de passer une nuit plus chaude que les autres (il fait toujours très froid le matin lorsque nous nous réveillons puisque le feu s’éteint au bout de quelques heures, si nous ne nous levons pas dans la nuit pour l’entretenir).

Comme prévu, la chaleur monte. D’habitude en pull, il commence à faire si doux que pour la première fois depuis longtemps on se retrouve en T-shirt. La chaleur continue de monter. On commence à avoir vraiment chaud. On enlève nos joggings et même nos… Chaussettes ! Ça, ici, ça ne nous était vraiment jamais arrivé. Quelques minutes plus tard, la chaleur devient… Insupportable. Je suis en sous-vêtements sur le lit, le poêle est devenu une vraie usine à chaleur, la yourte est beaucoup trop bien isolée : je suis moite et Maxime qui supporte encore moins la chaleur est en train de fondre. Il ne supporte même plus d’être en contact avec la couette et tourne autour du lit comme un lion en cage (un yak en yourte). Cette fois-ci on peut le dire : le poêle est incandescent et la yourte s’est transformée en véritable… sauna ! Je vois qu’il ne va plus supporter la situation très longtemps et rit déjà à l’idée de ce qu’il va finir par faire. Il ouvre de temps en temps la porte pour tenter de faire redescendre la température, mais ça ne suffit pas. Dès qu’il referme, on a à nouveau l’impression d’être dans un sauna.

Puis ce qui devait arriver arriva : à grandes enjambées, il décide de mettre fin au supplice et se rue sur la porte. En sous-vêtements, il sort et s’enfonce dans la nuit, dans la neige. Et il s’arrête là. Je l’entends respirer à plein poumons avec de grands soupirs de soulagement. Il y reste plusieurs minutes, vêtu d’un boxer entre2flocons sous les étoiles. Je me lève à mon tour et me contente de passer la tête par la porte. On rit de notre erreur de débutants et on profite de l’occasion pour observer le ciel étoilé. Nous n’avons définitivement pas l’art de Nasa pour maîtriser le feu sacré !

Le lendemain se partage entre exploration des rives glacées et travail sur la brochure. Le matin, on a le plaisir d’ouvrir notre porte sur un grand soleil. Sous sa lumière, le sol et les yourtes glacées scintillent. La chaleur des rayons crée de la brume au-dessus du lac. Avant même de prendre le petit-déjeuner, on enfile nos chaussures de rando et on s’aventure dans ce cadre hors du commun. L’air est frais, le paysage est figé. La glace a cristallisé sa beauté.

glace le matin
reveil en mongolie

LA VRAIE EXPÉRIENCE WORKAWAY

Désormais, notre quotidien se divise entre ces temps d’immersion dans la nature, de travail derrière les écrans… Et de jeux avec les enfants. On rédige des textes, travaille sur des photos, cuisine des french crêpes pour la famille (nous avons réussi à trouver ce qu’il faut en fouillant dans notre épicerie), fait des propositions de montage à Davaa… Désormais, nos échanges se font par mails. Et entre deux échanges, le duo malicieux frappe à notre porte pour faire des batailles de boules de neige : « Come ! Just… Two minutes ! ». La fraîcheur des températures ne laisse pas l’occasion à la poudreuse de fondre, et c’est tant mieux.

A la première bataille (de neige), Maral et Anand n’ont pas de gants. Si celui-ci est plus prudent, pour Maral, c’est son tempérament de guerrière qui prend le dessus : elle confectionne frénétiquement des boules qu’elle lance dans de grands éclats de rire sans paraître sensible au froid. Mais au bout de quelques minutes, quand le rythme ralenti, elle regarde ses mains dans une grimace et se met à pleurer en se les frottant. La neige agit comme des morsures et ses doigts doivent être douloureux. J’enlève les miens pour les lui donner. Il en ressort la photo suivante et, à la façon dont elle regarde la paire de gants qu’elle porte désormais, on se demande ce qui la rend la plus heureuse : porter nos affaires ou sentir ses doigts se réchauffer.

Le jour suivant, notre séance matinale de télétravail depuis la yourte est à nouveau interrompue par des coups à la porte : « Who is it ? » (nous savons très bien qui c’est) “- Maraaaal !!” “- Ok, you can open the door!”. Et voilà la porte qui s’ouvre sur une Maral toute fière de nous montrer ses nouveaux gants… En plastique ! Anand la suit de près. Ils passent tous les deux du temps avec nous dans la yourte, ils regardent avec curiosité toutes nos affaires.

Beaucoup de personnes nous demandent s’il n’a pas été dur pour nous de vivre pendant plus d’un an avec « si peu » (juste un sac-à-dos), mais quand on observe Maral et Anand, ce « si peu » semble pourtant transformer notre chambre en caverne d’Ali-Baba à leurs yeux : les chaussures de randonnée, nos divers vêtements dans nos sac-à-dos éventrés, nos chaussettes qui pendent toujours au plafond, l’enceinte qu’ils adorent, les câbles, batteries, notre tente, nos tasses en inox et nos couverts en bambou, notre gourde filtrante, notre nécessaire de toilette…

Ils finissent par vite repérer la pâte à tartiner. Et comme leurs yeux s’illuminent de gourmandise, on leur fait notre spécialité : des tartines grillées au poêle.

On passe un long moment au chaud tous les quatre. La façon dont ces enfants semblent apprécier notre présence nous touche. Et ce sentiment est réciproque. On finit par leur montrer le travail qu’on réalise pour leur maman, qui est presque terminé. Ils rient en se cachant le visage quand on fait des mystères pour leur montrer… Qu’ils apparaissent dans une photo de la brochure. S’en suivra une nouvelle longue bataille puisqu’il faut bien tester ces nouveaux gants et aujourd’hui, on pourra même faire un bonhomme de neige.  

Vers midi on rejoint Miiga. Cette fois-ci elle est avec une amie et ensemble elles fabriquent des pâtes. On prépare le repas du midi avec elles. La chaleur générée par les cuissons réchauffent un peu la pièce, comme ce rayon de soleil qui passe par la fenêtre pour se poser sur elle, alors qu’elle coupe avec application tous ses légumes en fines bandelettes. De son côté, Nasa fait le tour du domaine : la neige a bien fondu. Il coupe du bois, fait les réapprovisionnements. Tout est propre, ordonné. Côté fille, comme côté père, on devine cet amour du travail bien fait.

De notre côté nous avons bien avancé sur la brochure et cette après-midi nous nous offrons une balade plus longue. Nous avons repéré une colline qui surplombe le village et voilà un moment que son ascension nous trotte dans la tête. En chemin nous croisons une famille (deux parents et deux enfants) sur une moto : apparemment notre présence mérite plus d’attention que la façon dont les roues du véhicule chassent de droite à gauche sur le sol glissant de boue et neige. On croise des yaks, toujours. Bien qu’on se soit réellement habitués à ces animaux et qu’on les salue désormais avec assurance (on est à deux doigts du check) notre niveau de sérénité connaît un épisode assez bas lorsque nous devons passer en plein milieu d’un troupeau dense pour rejoindre notre destination. On finit par surmonter l’obstacle, puis par s’éloigner du village en montant la pente.

Au fur et à mesure qu’on s’éloigne on croise des animaux de toutes sortes : petits rongeurs, troupeaux, chiots sauvages et… Un loup ? Lorsque nous atteignons la forêt, le sol blanc est parsemé des épines oranges des conifères. Entre deux troncs, il apparaît comme un mirage. C’est la première et dernière fois que nous le verrons. Nous savons qu’il y en a dans cette région. On atteint finalement le promontoire : le panorama embrasse le lac et la nuée de toits colorés qui se détache des sols immaculés. On s’assoit près des rubans sacrés. Les lumières sont douces… C’est une belle fin de journée. Puis on rentre : ce soir c’est apéro au chaud (nous avons acheté des bières et des chips), au très chaud même… On refait l’erreur du sauna. On envoie la version finale de la brochure à Davaa, et on ouvre une seconde bière pour fêter ça.

couché de soleil mongolie
yak devant une maison
balade en forêt en mongolie
drapeau priere mongole
village mongole

CHAPITRE 5 | PARCE-QU’IL FAUT UNE FIN

LE TRAVAIL ACCOMPLI

Énième sortie des toilettes sèches au grand air, passage à la “salle de bain”, petit-déjeuner près de la cheminée sous le dôme qui laisse apparaître le ciel clair… Sans qu’on ne se lasse de tout ça. Plus notre quotidien s’épure, plus nous nous épanouissons. Ce matin, entre deux cuillères de fromage de yak aux myrtilles nous avons le plaisir de recevoir un mail de Davaa : elle a reçu notre brochure et lire qu’elle en semble particulièrement contente nous donne le sourire. En plus de la brochure, lui avons également fourni un ensemble de photos prises lors de notre séjour, qu’elle pourra utiliser pour ses différents supports. Elle nous remercie en nous disant qu’elle n’aurait jamais pu réaliser ce travail seule et on se dit que là est tout l’intérêt de cette chouette expérience : un échange de bons procédés, de services, par le biais de la mise à disposition commune de richesses personnelles (aussi diverses soient-elles : immatérielles, spirituelles, morales… Sûrement plus encore que matérielles). 

Elle nous annonce à regret qu’elle ne sait toujours pas dans combien de temps elle pourra revenir ici… Mais nous dit qu’elle va profiter d’être dans la capitale pour faire imprimer ses brochures (elle aurait de toute façon dû faire le déplacement pour cette raison si elle avait été ici). Nous sommes assis à notre petite table de bois et sommes partagés entre le bonheur d’un travail accompli et le regret… De se dire que nous ne pourrons sûrement pas rencontrer Davaa. Nous sommes ici depuis presque une dizaine de jours maintenant : si nous n’avons pas de date de fin précise, nous savons néanmoins que ce sont les dernières journées que nous passons chez cette famille. Bien que notre présence ne semble pas déranger (d’après notre ressenti personnel et les messages de Davaa qui, faisant le relais de ses discussions avec son père, ses enfants et sa sœur, nous confie que notre présence est appréciée au camp) nous ne voulons pas être à la charge de la famille trop longtemps, d’autant que notre “travail” est terminé. Nous considérons qu’ils nous ont déjà apporté plus que ce que nous avons pu leur donner. D’ici un jour, ou deux, le temps de se préparer… Il sera l’heure de partir.

PREMIERE FOIS EN STOP

Aujourd’hui est un jour particulier : sous les premières lueurs, Maxime coupe du bois avec Nasa. Le vieil homme à la casquette est rieur lorsqu’il le voit maladroitement tenter de fendre une bûche. Il lui donne ses techniques secrètes et en bon élève Maxime fini par très bien se débrouiller. Pour rire, il dit à Nasa que ce matin ce sera lui (Nasa) qui ira manger pendant que nous, nous couperons du bois. Aussi, Miiga et son amie démarrent pour la première fois (depuis notre arrivée) le 4×4 familial. Aujourd’hui elles se rendent… A la douche municipale ! Elles nous demandent si on veut se joindre à elles mais nos méthodes d’hygiène « neige fondue + savon solide + pierre d’alun » sont plutôt efficaces et nous suffisent. Par contre, une idée trotte dans nos têtes : peut-être pourraient-elles plutôt nous déposer au niveau du pont en amont du village ?

Ce pont est la seule façon d’accéder à l’autre rive de l’immense lac, cette “autre terre” pleine de mystères qui nous semblait inaccessible jusqu’à maintenant. On leur expose notre projet de faire une brève randonnée pour explorer cet autre côté. Elles sont d’accords. On se prépare un pique-nique, et on embarque tous les quatre dans le 4×4. Toujours d’une grande bienveillance, au lieu de nous déposer au pont, elles le franchissent et nous avancent de trois bons kilomètres sur les pistes gadoueuses. Il faut qu’on insiste pour qu’elles nous déposent afin qu’elles vaquent à leurs occupations.

Plusieurs heures plus tard, après avoir vagabondé dans l’immensité glacée, on rejoint la piste où elles nous ont déposés et décide de tester le stop pour éviter de rentrer après que la nuit soit tombée. On marche là, sans grand espoir, le long de la piste maintenant glacée. Les collines brillent et sont mouchetées du beige et noir des moutons qui grimpent doucement pour profiter des derniers rayons. C’est fou comme les tableaux que peut offrir cette région semblent… suspendus dans le temps. Sur ces réflexions silencieuses un léger vrombissement se fait entendre. Le miracle s’est produit : sur cette piste déserte, une moto arrive et son conducteur s’arrête à notre hauteur. Il nous fait signe de monter comme si c’était quelque chose de naturel. Se retrouver à trois sur sa petite moto + nos deux sacs ne semble pas lui poser problème. On se retrouve en sandwich sur le mince siège de cuir, l’engin dérape dans tous les sens, je m’agrippe fort au deel* de notre conducteur, le paysage défile. Bientôt, on passe à nouveau le pont aux lattes tremblantes. A nouveau, nous gagnons une bonne heure sur notre itinéraire et on rentre à la maison… A moto.

* Le manteau traditionnel mongol.

famille mongole
dans une voiture mongole
lac nord de la mongolie
balade en mongolie
yak en liberté

C’EST L’HEURE DE PARTIR

Nous avons convenu d’un jour de départ avec Davaa. Cette fois-ci, nous ne nous croiserons pas, c’est certain. Tôt le matin, on nettoie notre yourte de fond en comble pour que la famille n’ait rien à faire après notre départ. Ils auront été attentionnés jusqu’au bout : puisque Miiga avait été prévenue de notre dernière nuit, elle nous a fait la surprise de nous préparer des buuz pour le repas du soir. C’était donc pour ça qu’elle restait mystérieuse au sujet de ce qu’elle préparait le matin même dans la cuisine ! Ces gros raviolis farcis de viande puis cuits à la vapeur sont un met particulièrement appréciés en Mongolie. Leur préparation demande du temps et c’est pourquoi ils sont assimilés aux repas de fête. Les enfants s’en sont régalés aussi !

On commence à avoir l’habitude de faire nos sacs. Chaque objet a sa place, chaque vêtement a son compartiment. On finit d’organiser l’ensemble tranquillement. Il est environ 9h quand nous sortons les sacs de notre “chez nous”… Et que nous partons faire le tour du domaine. Tout est toujours aussi paisible. Maxime coupe une dernière fois du bois avec Nasa. On fait un dernier tour dans la grande yourte, un dernier tour dans la cuisine pour voir Miiga, de derniers jeux avec les enfants… Puis tout le monde se rassemble au portail. Des mercis, des adieux, des sourires. Nasa note quelques mots dans notre petit carnet de cuir. On garde le mystère de leur signification pour le moment (de toute façon nous n’avons pas le choix). Nous les ferons traduire plus tard…

A 10h30, nous sommes déjà loin du petit ger camp familial. Nous filons à toute allure dans un Uaz au milieu de la taïga. L’image des chalets colorés et des hautes barrières donnant sur le lac plane dans notre tête tandis que les paysages défilent. Heureusement, la nouvelle personne que nous avons en notre compagnie est assez enjouée et dynamique pour nous permettre de ne pas être trop nostalgiques : elle est assise à côté de notre chauffeur et lorsque régulièrement elle se tourne pour nous parler de ce que nous nous apprêtons à vivre, ses yeux pétillent. Elle s’appelle… Zaya. Mais ça, c’est une autre histoire.

EN RÉSUMÉ | CE QU’ON RETIENT DE CES 10 JOURS DE WORKAWAY EN MONGOLIE

Le voyage nous enrichit, immatériellement parlant. Cette phrase n’est pas écrite juste parce qu’elle est jolie : ce qu’on voit, ce qu’on expérimente, ceux qu’on rencontre nous apportent beaucoup. C’est un fait. Mais au fil des voyages cette idée devient comme… Culpabilisante. > Et nous ? Qu’apportons-nous aux pays que nous traversons ? Aux gens que nous rencontrons ? Est-ce qu’il est juste de voyager si ce rapport est à sens unique, tout le temps ?

Ce qui nous intéresse dans le Workaway, c’est de pouvoir égaliser un peu ce rapport. De pouvoir “donner en retour” d’une autre façon que financièrement. Mais aussi (au niveau des relations humaines) : de vivre une expérience plus authentique qu’une prestation touristique ou plus riche qu’une aventure en solitaire. En résumé, nous voyons dans le Workaway (et autres types de volontariat) un moyen d’expérimenter / de découvrir un pays différemment en privilégiant les relations humaines. Nous aimons cette sensation non pas d’avoir voyagé mais d’avoir vécu quelque part : c’est ce que le Workaway, dans une certaine mesure, rend possible, tout en s’intégrant aux mieux à la population locale. Et surtout : en se rendant utiles.

Bien que nous n’ayons pas pu rencontrer Davaa, c’est ce que nous retenons de cette expérience : le plaisir d’avoir la sensation de faire partie d’une famille, d’avoir ses habitudes dans un endroit auparavant inconnu, de pouvoir aider, même si nous aurions aimé pouvoir encore faire plus. Ce rapport qui se veut d’égal à égal et cette reconnaissance mutuelle sans nécessairement qu’il y ait de notion financière est quelque chose que l’on apprécie.

Pour ce Workaway là, nous avons en plus eu la chance (c’est ce dont nous avions envie) d’expérimenter un mode de vie très différent du nôtre, un quotidien épuré dans un endroit isolé où vivent des gens au mode de vie très différent (il existe aussi des Workaway qui consistent à tenir la réception d’un hôtel dans une métropole, par exemple). Et cette épuration était aussi ce que nous cherchions : c’est un sentiment tout-à-fait personnel mais (comme nous le disions dans ce récit) plus notre quotidien se simplifie / moins on a de choses autour de nous… Mieux nous avons tendance à nous sentir. Se réjouir d’une fumée qui s’échappe de la cheminée, d’avoir de la neige à faire fondre pour faire bouillir son repas, de trouver quelques œufs sur les étagères d’une petite épicerie, de faire couler l’eau avec précaution, de s’asseoir sur un rondin de bois afin d’écouter le silence… Et d’oublier que le temps est sans cesse découpé : en secondes, en heures, en jours, en semaines… En années.


C’EST QUOI LA SUITE ?

La suite, c’est notre article pratique. Tu es allé au bout de ce récit de voyage. Peut-être que tu avais simplement envie de t’évader mais, si désormais l’expérience te donne envie : nous mettons tous les outils et informations à ta portée afin que tu puisses la réaliser. Ça se passe ici : WORKAWAY | Guide pratique.


MERCI D’AVOIR VOYAGÉ AVEC NOUS À TRAVERS CE RÉCIT D’AVENTURES.

On espère que tu as aimé cette expérience de volontariat. Pour la prolonger, fais-nous part de ton ressenti ou de tes questions en commentaire, nous répondons toujours.

Note : Davaa a connaissance de notre démarche et nous publions cet article avec son autorisation puisqu’il s’agit de sa maison, sa famille. Elle oeuvre toujours à développer son ger camp et accueille toujours des volontaires. Si tu es motivé pour t’investir dans cette expérience, tu pourras la retrouver sur Workaway : n’hésite pas à nous écrire par le biais de la rubrique contact de ce site ou directement sur notre messagerie Facebook ou Instagram afin qu’on te partage son contact.

9 COMMENTS

  1. Hey je me permets un petit commentaire pour vous dire que la moitié de l’article n’affiche pas de photos. À partir des gants que vous avez donnés à Maral l’article n’était plus illustré 🙁 j’ai tout de même adoré votre récit ça donne envie <3

    • Mince ! On a beau vérifier sur plusieurs périphériques différents tout s’affiche partout… Peut-être un but sur le moment dans le chargement de la page ?
      J’espère que tu as pus finalement les voir 🙂
      Merci pour ton retour et contents que tu aies apprécié !

  2. Magnifique reportage.
    J’ai adoré votre histoire , votre aventure et votre séjour en Mongolie.
    Ici il fait 25 dg ce soir mais vous lisant , le vent , la neige me faisait frissonner, à chaque fois vous arrivez à me faire vivre vos aventures comme si j’y étais.
    Vous étiez dans une famille vraiment formidable et j’espère que son fils est bien rétabli. Merci à eux de vous avoir fait confiance.
    Merci beaucoup

    • Te lire fait super plaisir !
      Contents d’avoir pu d’embarquer dans cette expérience qu’on a tant aimé pour toutes les raisons… Que maintenant tu sais 😉
      Son fils va bien, c’est gentil 🙂 Nous avons eu des nouvelles de Davaa il n’y a pas très longtemps !

      Merci à toi Mari Laure.

  3. Magnifique partage! J’ai repris mon voyage grâce à vous pour me retrouver avec Jamin et Doltmq qui m’avaient accueillie dans leur yourte. Votre récit est puissant, fluide et très agréable à lire. Merci. 🙏🏻

  4. Magnifique partage! J’ai repris mon voyage grâce à vous pour me retrouver avec Jamin et Doltmq qui m’avaient accueillie dans leur yourte. Votre récit est puissant, fluide et très agréable à lire. Merci. 🙏🏻

    • Que de supers retours ! Ça fait très plaisir,
      Merci de nous avoir dit ce que tu en pensais 🙂
      Et oui ces moments en Mongolie laissent un souvenir particulier à tous ceux qui les expérimentent j’ai l’impression… 🙂

  5. Comme d’habitude un régal de vous lire et d’en apprendre encore plus. Toujours aussi bien écrit et illustré. J’ai déjà hâte du prochain volet de ce carnet d’aventures ❤

    • Un énorme merci pour ce retour qui fait super plaisir ❤ Ecrire ce genre de récit demande un peu de temps, mais on a déjà hâte aussi de se consacrer à une autre 🙂

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